Histoire de couches
August 19th, 2007 by Melissa
Article trouvé sur PetitMonde, écrit par Louis-Simon Ferland dans le câdre de sa chronique; Papa Oméga, l’aventure d’être à la fois père,homme et gars.
Considérant les 4000 couches que nous aurons à changer au cours des prochaines années (vive les couches lavables!), en voici quelques descriptions:
La première couche
La fameuse première couche de nouveau parent est toujours mémorable. On est tellement soulagé que l’accouchement se soit bien passé, que l’enfant soit en forme, que la mère soit lumineuse; on est tellement en extase devant la vie que même ce premier changement de couche nous rend euphorique. Il faut dire que les premières couches n’ont rien à voir avec les dernières. La nature nous laisse le temps de nous habituer à la méthode avant de nous imposer… l’odeur.
La couche «je ne sais pas par où commencer»
Parfois, le contenu dépasse le contenant; et la couche dépasse le raisonnement. On ne sait pas ce qu’il a pu manger, s’il gardait tout ça en réserve quelque part, mais diable qu’il y a du travail là-dedans. Ça déborde à gauche, ça envahit le territoire à droite… et quand on croit avoir pris le dessus, on découvre de nouveaux dégâts. On se demande même si le contenu n’est pas vivant!
La couche facile
Dans la formidable aventure des changements de couches surviennent heureusement quelques couches qui passent comme l’éclair. Tout y est parfaitement disposé, tout se nettoie vite, le client ne gigote pas trop… La couche parfaite, quoi. Ça compense pour les autres. À la loterie quotidienne des couches, il ne faut pas sous-estimer notre chance de tirer cette couche facile.
La couche fausse alerte
On change un lot impressionnant de couches en élevant un enfant et pourtant on perd parfois du temps à en changer pour rien. Une odeur, une intuition, un coup d’œil trop rapide et voilà qu’on déclenche l’opération pour rien. Ggrrrr!
La couche cauchemardesque
L’idée est simple, on sort d’un mauvais rêve pour tomber dans un pire encore: une épouvantable couche en plein milieu de la nuit. En dehors des heures de bureau! Et en dehors des capacités habituelles. On pensait pouvoir régler ça rapido et retourner au lit; loin de là. Je ne sais pas si c’est à cause de mes petits yeux, mais tout semble disproportionné.
La couche qui donne le goût de pleurer
Cette fameuse couche qu’on ne voulait pas, mais alors là, vraiment pas voir. Ce n’est pas le temps, ni l’endroit pour changer une couche. Pire, on n’est pas équipé pour les grands travaux. Pourquoi moi, pourquoi maintenant? On valse même avec l’idée de faire comme si on n’avait rien senti et remettre la corvée à plus tard. Mais non, impossible. Ça fera des trucs à raconter.
La couche «Bienvenue dans la Réalité»
Vous l’avez tous connu, vous aussi. La soirée est bonne, les amis discutent, le souper était excellent, le vin encore plus, les enfants jouent ensemble et s’entendent à merveille. Bref, tout va bien! Comme ces moments sont rares dans la vie de nouveaux parents, on apprécie vraiment celui-là. On se dit que la vie n’est pas si cruelle, après tout. Et alors qu’on commence presque à oublier où on a mis le sac à couches, nos narines nous ramènent à la réalité.
La couche tennis
La complicité est une arme essentielle aux parents pour bien s’accomplir. Mais il arrive des moments où la complicité prend le bord. Devant une couche inattendue, par exemple. On se renvoie la corvée comme dans un match de tennis. C’est à ton tour! Non à toi! Qui a changé la dernière? Oui, mais les deux d’avant c’était moi. Soudainement, on a la mémoire longue.
La couche étrangère
Ce n’est jamais une partie de plaisir de changer des couches, mais celles des autres enfants que le nôtre, c’est encore pire. Mais c’est parfois inévitable, lors de session de gardiennage improvisée. On ne l’avouera jamais au parent concerné, mais diable qu’on déteste les couches étrangères. On ne saurait pas dire pourquoi, mais… c’est pire. Chapeau aux éducatrices en service de garde.
Les longues dernières couches
Il n’y a rien de plus interminable que quelque chose qui s’achève… mais qui ne finit pas. Aussi, les dernières couches à changer ont le don de paraître pire qu’elles ne le sont. On les change tout de même avec l’espoir que ce soit LA dernière… mais le rêve s’évanouit dès qu’apparaît la prochaine mauvaise odeur. Serait-ce elle LA dernière?
La couche oubliée
Évidemment, on ne se souvient pas des 4000 couches une par une. La plupart entrent dans le grand département des couches anonymes. Aussitôt changée, aussitôt oubliée.